Sarah et Jean-Max, qui êtes-vous ?
S. : J'ai gardé des liens forts avec le Campus après y avoir travaillé et habité en 2022. Maintenant, je conçois et anime des formations, notamment sur les oppressions systémiques, les enjeux techno-critiques, le soin communautaire, l'écologie politique, etc. J'ai à cœur de co-porter ces sujets au sein du T-Campus.
JM : J'ai rejoint le Campus en 2023 après des études en Neurosciences. Le Campus a changé mon rapport aux autres, au temps, à l'argent. J'ai découvert comment l'expérience de la sobriété pouvait être transformante et vertueuse. Sa devise "Former pour transformer" m'a redonné de l'espoir et du sens. C'est pourquoi je m'implique dans l'essaimage du T-Campus.
Où a lieu le T-Campus 2025 ? Pourquoi ?
JM : Le T-Campus 2025 a eu lieu à Mergieux, une commune de Najac, dans l'Aveyron. Ici, il y a quelques années, l'association Bienvenue en Transition a relevé le défi fou de transformer un Village Vacances Familles abandonné en un lieu respectueux du vivant et porteur d'initiatives culturelles et sociales. Que le T-Campus puisse se dérouler au cœur de ce micro-territoire rural, qui porte une dimension culturelle et une autre vision que l'agriculture conventionnelle est une chance. Rencontres autour des projets permacoles ou du collectif de sécurité sociale alimentaire, performances artistiques, randonnées et bals folks ont ponctué la formation : c'est pour nous un essentiel d'ancrer la formation dans un territoire et ses réalités.
En quelques mots, quels sont les moments saillants ?
S. : Cette formation incarne bien la pédagogie Tête-Corps-Cœur du Campus : elle permet des moments de stimulations intellectuelles et de prises de recul qui se diffusent dans les cœurs à travers des remises en question, de l'introspection et surtout du lien aux autres. Les balades au lac, les siestes en pleine canicule, les débats interminables aux repas, les larmes après une conférence percutante, les rires de fin de journées, font tout autant partie de l'expérience que les briques pédagogiques du programme !
JM : Pour moi l'enjeu est d'accompagner les personnes qui ont eu le courage de faire cette formation. Elles vont se confronter aux constats actuels environnementaux, sociaux, philosophiques, géopolitique, ce qui peut être émotionnellement engageant. Nous les outillons pour qu'au fur et à mesure elles puissent fonctionner sainement en collectif, même en dehors de la formation
Que vous a apporté T-Campus?
S. : Le T-Campus, arrivé dans ma vie dans un moment d'épuisement, m'a renforcé une conviction : même si le monde est incertain et complexe, il y a toujours quelque part des personnes qui font le choix courageux de remettre en question leurs systèmes de valeurs et qui cherchent sincèrement à incarner des changements alignés avec leurs convictions.
JM : Animer le T-Campus est quelque chose d'incroyable, d'imprévisible, et de transformateur. Le plus gratifiant est de constater que les graines plantées pendant la formation conduisent à des remises en question et engagements inspirants, des mois et des années après.
Qu'en ont gardé les participants ?
Florilège : Thomas ingénieur de formation, est ravi d'avoir eu l'approche tête-corps-cœur : « je m'aperçois qu'on peut en tirer des conclusions très fortes et qu'on n'a pas uniquement besoin de comprendre avec sa tête. »
Violette, étudiante en reconversion, a trouvé « énormément d'inspiration : j'ai compris qu'on peut s'engager de multiples manières. »
Ana, étudiante en sciences humaines, a été « nourrie par la bienveillance, le respect de la nature et des relations humaines ». « J'ai appris vers où je voulais aller, comment trouver un équilibre entre mon désir de militantisme (dans une cuisine collective pour migrants par exemple) et de vie "normale" où l'argent est mis au centre. »
Et la suite ? Des retrouvailles avec des T-Campeureuses et membres de l'organisation auront lieu fin février. Une bonne occasion de re-connecter et de partager de nouveaux moments.