Nicolas Falempin, agent territorial à la Communauté de Communes du Pays de Montereau (CCPM), a ensuite abordé les enjeux socio-économiques du système alimentaire local. Le véhicule politique le plus plébiscité par les communes est les PAT (projets alimentaires territoriaux), définis par la loi d'orientation de 2014, pour articuler tous les acteurs de l'alimentation. Il doit être articulé avec le schéma de cohérence territoriale (SCoT), document d'urbanisme qui, à l'échelle d'un territoire, de projet ou bassin de vie, détermine l'organisation spatiale et les grandes orientations de développement d'un territoire. Entre gestion des déchets, gaspillage alimentaire, compostage, etc., les compétences des communes revêtent une dimension systémique…Et, il est souvent nécessaire d'agir au moins au niveau de la communauté de communes, une commune à elle seule pouvant se révéler trop petite, il faut donc mutualiser les PAT… et répondre aux différentes injonctions. Ainsi la préfecture peut demander à notre territoire de bâtir 200 nouveaux logements par an, mais de ne pas oublier le tourisme vert, les trames vertes et bleues. Le territoire de la CCPM est peu dépendant de l'irrigation (3% des cultures), mais il y a aussi la question de la qualité de l'eau, qui peut être dégradée, notamment par l'utilisation d'engrais.
Grâce au PAT, on peut améliorer la qualité de la restauration collective. Outre les gains en meilleur pour goût et santé, ça permet aussi de faire baisser le gaspillage alimentaire, donc le gaspillage économique. Car l'argent investi dans de la nourriture jetée est perdu, moins il y a de gaspillage, plus on peut utiliser l'argent disponible pour produire, par exemple, dans le cadre de la loi Egalim (atteindre au moins 50% d'achats durables et de qualité, dont au moins 20% issus de l'agriculture biologique, dans les repas servis dans les cantines). Sur le territoire de Montereau, il y a un fort pourcentage de personnes en situation de pauvreté : 37% (moyenne du département : 12%), avec des quartiers très touchés, comme Surville. Il est important de toucher ces habitants dans l'accès à l'alimentation, et l'éducation au bien-manger pour des motifs de dignité et de santé, au-delà de l'aide alimentaire qui, elle, pallie aux situations d'urgence.
Enfin, comme dans le reste du pays, l'érosion du nombre d'agriculteurs se poursuit : - 26 équivalents temps plein, majoritairement suite à des départs en retraite. Un tiers des agriculteurs à plus de 60 ans, parmi eux, la moitié n'a pas de repreneurs. Comme partout en France, les exploitations diminuent en nombre et augmentent en taille : elles ont pris 20% de superficie en 10 ans.