Sous le signe de l'écriture La résidence Campus - IAE Paris

Le Campus de la Transition et l'IAE-Paris ont mené conjointement une résidence d'écriture, à la mi-avril 2026.

Le Campus de la Transition et l'IAE-Paris ont monté une résidence d'écriture, qui s'est déroulée du 13 au 17 avril. Ou quand un besoin de calme et de collectif se conjuguent.

Raphaëlle Barbier est formatrice pour l'Enseignement Supérieur et la Recherche au Campus de la Transition, en charge d'accompagner les enseignants-chercheurs dans la transformation de leurs enseignements. Une idée lui trottait dans la tête depuis un moment : « C'est une intuition que j'avais depuis assez longtemps, avant même d'arriver au Campus il y a un an. Mon expérience d'écriture pour ma thèse a été assez compliquée.  Donc j'avais essayé de trouver des lieux où me focaliser sur mon travail d'écriture, tout en n'étant pas seule et en pouvant interagir avec d'autres chercheurs, ouvrir mes horizons. Après ma thèse, j'ai pris un temps pour explorer différents écolieux. Les gens y parlaient beaucoup de faire des résidences d'artistes. Moi je disais que ce serait super d'en faire une pour chercheurs. »   

Automne 2025, quelque temps plus tard.
Raphaëlle dispense une formation à des chercheurs de l'IAE Paris, venus pour une journée au Campus. À la fin de la journée, Mélia Arras-Djabi (Maîtresse de conférences) lui déclare que le lieu l'inspire et qu'elle souhaite prendre un congé pour projet de recherche. « On pourrait imaginer quelque chose autour d'une résidence d'écriture. » Tilt ! Les deux intuitions se sont rencontrées. Raphaëlle et Mélia réfléchissent au format de la résidence, à sa durée. Elles conçoivent un process pour que des chercheurs s'inscrivent via leur institution, et non juste à titre individuel, puis écrivent un appel à candidatures posté par l'IAE Paris. Des chercheurs de l'IAE Paris et Raphaëlle analysent ensuite les candidatures et choisissent 15 participants dont les sujets leur semblaient intéressants, pertinents et susceptibles de dialoguer entre eux. Le prérequis ? Travailler sur des sujets de sciences de gestion en lien avec la transition écologique et sociale.

Quatorze participantes et un participant
sont arrivés un beau jour d'avril au Campus, avec une belle diversité de projets et de profils : des jeunes chercheurs, des doctorants, des chercheurs plus expérimentés qui devaient travailler sur leur habilitation à diriger des recherches, des personnes qui venaient travailler pour des articles ou des ouvrages... En général, quand les chercheurs sont accueillis pour des formations, cela se déroule en deux jours, avec un programme très défini. Là, l'idée de la résidence d'écriture était d'avoir un temps plus long, cinq jours, et un bon équilibre entre des temps d'écriture personnels et des temps collectifs pour créer une dynamique de groupe et s'entraider face aux éventuels blocages. Nombreuses sont celles qui ont exprimé la pertinence de cette offre : « c'était incroyable d'être dans un cadre qui permet de s'extraire de l'urgence du quotidien, dans une démarche de 'slow research', de prendre du temps. » Beaucoup ont déclaré que ça les avait débloquées dans leur travail d'écriture. Une entraide est née qui a joué dans la manière dont elles ont pu avancer dans leurs travaux.   Enfin, chacune était venue avec son projet individuel et - magie du Campus ? - il y a eu comme un surplus qui s'est créé avec le « bal folk » (une activité traditionnellement proposée  lors des formations au Campus). Lors de ce bal, une alchimie particulière s'est nouée. L'idée est née de créer un collectif et peut-être un manifeste de chercheurs en sciences de gestion qui auraient envie de porter une voix sur les écueils, défis et évolutions souhaitées de la discipline. Embarquées comme les autres par cette envie, Raphaëlle et Mélia sont enchantées de cette idée qui a débordé du cadre. Raphaëlle témoigne : « On s'est retrouvés dans le salon à parler du collectif qui a pris le nom "d'ours" car ils avaient adoré la danse de l'ours pendant le bal folk. C'est un acronyme qui a vocation à évoluer : « Oasis pour des recherches Utiles Reliées et Soutenables ». Ça je ne le voyais pas du tout venir ! » 
Alors il demeure encore des choses à régler : les caprices du wifi sont-ils propices à la concentration (beaucoup ont dit oui) ou suscitent-ils parfois une gêne ? Comment articuler confort et sobriété (apporter ses draps ? ou pas ? une serviette de table ?). Comment, aussi, participer au Campus et à sa vie ? C'est en effet une des spécificités du Campus que de proposer des temps de rencontres avec diverses personnes engagées sur le lieu, par exemple à travers un atelier potager, la découverte de la pédagogie des 6 portes, ou une présentation des projets de recherche portés par le Campus. Mais pas évident de maintenir ces temps de découverte si l'inspiration du moment est à l'écriture...

Reste à écrire le futur,
entre Campus de la Transition et IAE Paris pour un format identique ou renouvelé. À suivre...