Se former aux fondements de l’engagement citoyen et politique Session 1 du DIU Humanisme et Politique 2026/2027

Retour sur la première session du DIU Humanisme et Politique, une formation dont le Campus de la Transition est l’un des quatre partenaires fondateurs et dont nous accueillerons la quatrième session du 18 au 20 mars 2027.

À Bierville, dans l'Essonne, un groupe d'une vingtaine de personnes s'est retrouvé durant le premier week-end d'octobre pour amorcer ensemble un parcours de formation qui invite à réfléchir aux fondements de l'engagement citoyen et politique : le diplôme inter-universitaire (DIU) Humanisme et Politique. Tous déjà bien engagés ou souhaitant le devenir, ils ont pris le temps de construire ensemble un travail de fond pour consolider leurs pratiques dans une perspective éthique et humaniste.

La première journée a permis à la promotion de se familiariser avec la notion philosophique de « personnalisme », qui invite à unifier les dimensions individuelle et communautaire de la personne dans ses actions. Puis la session s’est poursuivie en intégrant l’assemblée des participants à l’Université populaire du collectif Esprit Civique, qui se retrouve chaque année autour de son président fondateur, Dominique Potier (député), et de nombreux intervenants.

Cette année, le collectif s’est donné comme thème de réflexion : « Faire nation aujourd’hui ». L’approche d’élections nationales a été l’occasion de se saisir des questions que soulève l’engagement sociétal. Entre promesse et doute, il a été possible d’élaborer des pistes de réflexion autour des enjeux d’éducation, de justice sociale, et de politiques migratoires, avec pour objectif de préserver l’unité qui fait notre nation.

Une première table ronde autour des enjeux migratoires a permis des échanges entre Patrick Simon, démographe de l’INED, coauteur de l’étude Trajectoires et Origines 2, Pascal Brice, président de la FAS, et Évelyne Ribert, sociologue et chargée de recherche au CNRS. On en retient une mise en garde contre la tentation de construire de toutes pièces des fractures fictives, notamment autour des enjeux migratoires qui empêcheraient de construire un destin commun, mais aussi la nécessité d’organiser le système migratoire afin de préserver le contrat social qui permet de « faire nation ».

Puis l'assemblée a pu assister à un échange entre Pierre Monéger, l'ancien président des Scouts et Guides de France, et Marie-Aleth Grard, ancienne présidente d'ATD Quart-Monde, à propos des enjeux éducatifs. Ils ont encouragé le maintien des lieux de débat et de confrontation notamment à l'école, mais aussi l'engagement des jeunes comme apprentissage du vivre en société.

Enfin, abordant les sujets de justice sociale, Patrick Savidan, professeur d'université, spécialiste des questions d'égalité́ et d'inégalité́ et Agathe Cagé, docteure en science politique (Paris 1), directrice d'études en question contemporaine (ENS / Paris 1), coautrice du « Vol de la démocratie », nous ont proposé des pistes autour des enjeux de redistribution, de maintien du lien social, mais aussi de garantie de sécurité.

Une présentation de la figure majeure de la philosophe, Simone Weil, par Nathalie Sarthou-Lajus (revue Études), a permis de ressaisir l'importance d'être à l'écoute du cri des opprimés, puis le besoin de tout être humain de se sentir enraciné de manière céleste et terrestre, d'appartenir à une nation à la recherche de la construction d'une société plus fraternelle. D'autre intervenants ont permis de comprendre que les tensions palpables dans nos sociétés montrent que la nation n'est pas le lieu de l'unanimité, mais plutôt celui qui appelle à s'engager et à prendre au sérieux la nation dans sa diversité, sans l'absolutiser.

La richesse des échanges s'est poursuivie dans les divers ateliers présentant des initiatives citoyennes engagées : un atelier sur un exemple de ressourcerie, un atelier sur le rôle de l'armée, un autre animé par le Pacte Civique sur son programme consacré à la sobriété́, et un atelier animé par l'entreprise Basil, présentant une forme originale de gouvernance. 

Entre conférences menées par des spécialistes, tables rondes d'échange et ateliers participatifs, les participants au DIU, et les membres du collectif Esprit civique sont repartis avec la conviction qu'il reste des chemins à initier pour plus de dignité humaine, dans le souci de faire face à l'universalité des enjeux de notre maison commune. 

Trois autres sessions suivront dans l'année pour les participants au DIU. Ceux-ci seront invités à réfléchir aux thèmes suivants : Penser et vivre l'engagement (session 2), l'Europe, engagement et démocratie (session 3) et enfin, dans le cadre du Campus de la transition à Forges, partenaire du programme du DIU, La planète en commun : tous acteurs de la transition écologique et sociale (session 4). Il reste encore quelques places pour ceux qui souhaiteraient rejoindre cette formation, ou bien suivre quelques modules de manière indépendante.