Cette année, le collectif s’est donné comme thème de réflexion : « Faire nation aujourd’hui ». L’approche d’élections nationales a été l’occasion de se saisir des questions que soulève l’engagement sociétal. Entre promesse et doute, il a été possible d’élaborer des pistes de réflexion autour des enjeux d’éducation, de justice sociale, et de politiques migratoires, avec pour objectif de préserver l’unité qui fait notre nation.
Une première table ronde autour des enjeux migratoires a permis des échanges entre Patrick Simon, démographe de l’INED, coauteur de l’étude Trajectoires et Origines 2, Pascal Brice, président de la FAS, et Évelyne Ribert, sociologue et chargée de recherche au CNRS. On en retient une mise en garde contre la tentation de construire de toutes pièces des fractures fictives, notamment autour des enjeux migratoires qui empêcheraient de construire un destin commun, mais aussi la nécessité d’organiser le système migratoire afin de préserver le contrat social qui permet de « faire nation ».
Puis l'assemblée a pu assister à un échange entre Pierre Monéger, l'ancien président des Scouts et Guides de France, et Marie-Aleth Grard, ancienne présidente d'ATD Quart-Monde, à propos des enjeux éducatifs. Ils ont encouragé le maintien des lieux de débat et de confrontation notamment à l'école, mais aussi l'engagement des jeunes comme apprentissage du vivre en société.
Enfin, abordant les sujets de justice sociale, Patrick Savidan, professeur d'université, spécialiste des questions d'égalité́ et d'inégalité́ et Agathe Cagé, docteure en science politique (Paris 1), directrice d'études en question contemporaine (ENS / Paris 1), coautrice du « Vol de la démocratie », nous ont proposé des pistes autour des enjeux de redistribution, de maintien du lien social, mais aussi de garantie de sécurité.
Une présentation de la figure majeure de la philosophe, Simone Weil, par Nathalie Sarthou-Lajus (revue Études), a permis de ressaisir l'importance d'être à l'écoute du cri des opprimés, puis le besoin de tout être humain de se sentir enraciné de manière céleste et terrestre, d'appartenir à une nation à la recherche de la construction d'une société plus fraternelle. D'autre intervenants ont permis de comprendre que les tensions palpables dans nos sociétés montrent que la nation n'est pas le lieu de l'unanimité, mais plutôt celui qui appelle à s'engager et à prendre au sérieux la nation dans sa diversité, sans l'absolutiser.
La richesse des échanges s'est poursuivie dans les divers ateliers présentant des initiatives citoyennes engagées : un atelier sur un exemple de ressourcerie, un atelier sur le rôle de l'armée, un autre animé par le Pacte Civique sur son programme consacré à la sobriété́, et un atelier animé par l'entreprise Basil, présentant une forme originale de gouvernance.